D'aussi loin que je me rappelle, ce mode de parentalité à toujours était inscrit dans mon projet de vie.
Bien sûr, à l'époque, j'imaginais que je serai mariée, que j'aurais mes propres enfants (comprendre naturels) et que l'adoption viendrait après pour agrandir la famille pour apporter un foyer à un enfant qui en a été privé.
La vie ne m'a pas permis de rencontrer l'homme avec lequel je voudrais construire ma vie et fonder une famille.
Malgré tout mon désir d'être mère est très fort. Dois-je attendre toute ma vie de peut-être rencontrer mon prince charmant qui ne viendra peut être jamais et par la même renoncer à devenir mère.
Je sais que pour la majorité des femmes, le désir de donner la vie est indissociable du désir d'être mère. Je le comprends mais pour moi les 2 sont séparables et j'en ai bon nombre d'exemples autour de moi.
Ce qui me met en colère, ceux sont les préjugés du genre :
- un enfant ne peut être heureux que dans une famille où il y a un père et une mère (qu'est ce qu'il y a comme enfants malheureux aujourd'hui, vu le nombre de famille monoparentale);
- l'adoption devrait être réservé aux parents qui ne peuvent pas procréer (dans ce cas, les personnes ne choisissent pas se mode de parentalité, il se tourne vers l'adoption en désespoir de cause. La plupart du temps la filiation se fait difficilement car le "deuil" de l'enfant biologique n'a pas été fait. Il arrive rarement mais ça arrive que le lien ne se crée pas, les enfants sont ramenés à la DDASS où ils finiront jusqu'à leur majorité car ils ne peuvent être adoptés qu'une seule fois)
- lorsqu'on est célibataire, on a aussi le droit à fait toi faire un gosse par le premier venu dans le dos du gars, ou fait toi inséminer (pour info, aux gens bien pensant : l'insémination est interdite en France pour les femme célibataire. Et puis un enfant ça grandit : que peut on lui dire quand à l'adolescence il vous demande où est sont père ? personnellement dans les 2 cas, je ne serait pas quoi répondre).
La parentalité par l'adoption doit être un choix mûrement réfléchit et non une solution de secours lorsque le reste n'a pas fonctionné. Les travailleurs sociaux veillent dans la mesure des moyens qu'ils ont lors de leurs investigations que les postulants ont fait le choix de cette parentalité particulière et qu'ils ne sont pas là faute de mieux, et qu'ils ne sont pas là non plus en démarche humanitaire.
Le choix de cette parentalité a pour moi été mûrement réfléchit. Aujourd'hui, j'ai entamé une procédure de recours gracieux auprès du conseil général suite à mon refus d'agrément. Celui-ci n'étant pas dû à des mauvais rapports (car les miens sont bons) mais au fait que mon projet est pour une fratrie. Même chez les professionnelles certains préjugés ont la vie dure.
Je conçoit que les gens ne comprennent pas que le désir d'être mère peut être indépendant du désir de donner la vie. Mais j'aimerai que mes proches comprennent que l'on puisse concevoir sa famille en dehors des normes conventionnelles (rencontre + mariage + enfants) parce que la vie ne vous à pas permis de faire autrement.
J'espère que ces quelques lignes permettront à certains d'entre vous de mieux comprendre mon choix.
Merci.